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mots, mots, mots

Peace and Lecture

Suis perplexe devant l’opposition livre-papier/ livre-numérique.

Pas devant les arguments de chacun qui se tiennent, et dont certains sont fort justes (« un livre papier ne tombe pas en panne », « je ne peux pas étaler ma bibliothèque numérique sur mes étagères, je perds donc un marqueur intellectuel ou social visible »…etc.)  Il y a la question du confort, de la maniabilité, corner les pages, utiliser un signet à forte connotation affective (non, pas une tranche de jambon, non), l’odeur de l’encre, le plaisir tactile… tout ça, je comprends.

Mais l’opposition. Les comparer, oui, se décider tantôt pour l’un, tantôt pour l’autre, en tenant compte de ses habitudes et de ses préférences personnelles, oui, mais désigner un unique vainqueur ? (comme si le Dieu Binaire était au commande. On ne peut pas avoir fromage ET dessert, alors ?)

Et puis il y a cette histoire de contenu et de contenant. Ce que les mots véhiculent me semble plus important que ce sur quoi ils avancent.

Et même. Même si le support modifie le contenu, le numérique ne peut pas abimer les mots (par quel mystère ?), juste les rendre accessibles, redonner aux vieux livres des airs de fraîchement imprimé. Je pense à cet extrait de Poe traduit par Baudelaire lu sur le Tiers Livre, que je ne connaissais pas et que j’ai simplement ressenti comme « vivant » (peut-être bien plus que si on me l’avait exhumé d’un tome ancien un peu rassis et jaunasse, l’odeur de vieux livres me rend personnellement tristounette, vaguement « chaubrouillée » comme on dit par chez moi, un terme d’écœurement et de digestion contrariée, avec une touche de mélancolie par-dessus).

Rénover, changer le papier peint… Rendre accessible aussi les écritures en recherche, en exploration avec, par exemple sur Publie.net, la Zone risque. Un genre dans lequel les  éditeurs papier ne sont pas prolifiques.

Et puis les temps changent (c’est d’ailleurs une de leur qualité première aux temps, de changer. Et ça depuis la nuit des temps, pratiquement. Ou à peu près, on va pas chipoter non plus).

Fini les mots tracés d’un moine à l’autre à fin d’enluminure, les écrits d’érudits survolant sans jamais les toucher (surtout pas !) les têtes des manants incultes (et leurs doigts sales). Maintenant, ça touille, ça partage, ça vole dans tous les sens, et peu importe qui l’on est pourvu qu’on y accède.

Non, franchement, peux pas choisir entre fromage et dessert. Moi prendre les deux : le papier, le numérique et le sourire de la crémière. Oui, ça fait trois. J’ai toujours été plus forte en français qu’en maths, de toute façon.

Suis en train de numérilire Le lac de Jean-Pierre Suaudeau. Mystérieux, émouvant, proche, pudique, léché, abandonné, visuel…

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Le jeudi, c’est ainsi.

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Vendredi

Suis épatée par les réflexions et les prises de positions générées par l’utilisation de nouveaux connecteurs, style Facebook, Twitter et Friendfeed et sans doute une flopée d’etc. qui ne saurait tarder (j’ai vu Tumblr pointer son nez ce matin).

Comme si la technologie changeait la donne. Mutation, bain de jouvence ou je ne sais quoi. Peut-être…

Je ne le crois pas, au fond. La sociométrie est une force très puissante dans la famille humaine, et l’on retrouve les mêmes fonctionnements et disfonctionnements avec ces conversations « virtuelles » qu’avec les autres. D’ailleurs, « virtuelles », elles ne le sont pas tout à fait. « Ephémères » seraient plus juste, encore qu’éphémères nous le sommes tous, donc…

On retrouve sur Facebook, Twitter et Friendfeed les mêmes prototypes humains : celui qui parle tout seul et s’admire en astiquant son ego, celui qui cherche une échappatoire à l’ennui, celui qui milite ou qui veut faire avancer son schmilblick, celui qui pousse un cri de guerre, celui qui se désole d’être seul à aimer tel ou tel sujet et espère contrer cette solitude, celui qui n’a rien à dire mais est-ce que c’est une raison pour qu’il la ferme, hein ?…

Nous avons « un rayon d’action social » en éventail qui passe de pérorer à communiquer, et nous cherchons celui ou celle qui donnera un écho à notre parole, et cela depuis la première fresque peinte sur une caverne.

La modernité se place uniquement dans la rapidité d’action, ou dans le fait que les cavernes très éloignées les unes des autres peuvent s’envoyer des signaux de fumée.

Car il s’agit bien de parler ensemble, au fond. Et que ce soit via Facebook, Twitter ou Friendfeed ou Tumblr ou les blogs ou les mails, l’égoïste sera toujours perso et le curieux ouvert. On ne change pas la couleur de ses pieds en changeant de chaussettes.

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And that’s wenesday.

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Perturbation

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lu l’histoire de l’homme qui veutfaire du corps un système opérationnel plus étendu. On peut ainsi dépasser les frontières de sa peau et de sa localisation géographique”, en se faisant greffer une oreille sur son avant-bras.

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Curieuse idée. Très belle idée de vouloir une oreille supplémentaire, pour être plus à l’écoute du monde peut-être ?

Mais déficiente idée de se munir d’une oreille qui ne fonctionne pas.

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“Stelarc, qui a toujours pris son corps comme matière première de son art, a testé ses limites et celles de sa peau à travers plusieurs performances. Il s’est suspendu nu, dans des galeries d’art ou dans la nature, par l’intermédiaire de crochets glissés à même la peau“.

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Curieuse idée. Très belle idée de se saisir de son corps comme d’une œuvre d’art qui perturbe, interroge, dérange.

Mais déficiente idée de reléguer son corps à une simple œuvre d’art ponctuelle et limitée, le privant de l’éventail immense d’expressions et d’actions, d’agissement qui pourraient, pourquoi pas, déplacer des montagnes, en allant au-delà de l’interrogation produite. Même un danseur est plus qu’un corps en mouvement, bien plus. Réduire une vie à la mise en scène de son corps, c’est comme réduire un papillon à son cadavre épinglé sous une vitrine, non ?

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Perturbation, donc.

Et puis, autant d’humilité à vouloir faire de son corps une oeuvre en connexion avec autrui (lire l’article avec “Ce qui importe, ce n’est pas l’identité d’un corps, c’est sa connectivité”) équivaut à une surdose incroyable d’orgueil. Ou/et de vacuité.

Soit je suis clairvoyante, soit je suis réac.

Mais je suis. C’est déjà pas si mal.

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Les dessous de l’oeil

Un peu de sciences :

Les récepteurs de l’œil servent à décomposer les informations lumineuses en signaux électriques qui seront envoyés au nerf optique.

Chez l’homme, il existe 3 types de cônes (rouge, vert, bleu) servant à décomposer la lumière en couleurs. Ils sont au nombre de quatre chez certains reptiles et oiseaux. Ceux-ci peuvent détecter l’ultraviolet et leurs cônes ne détectent pas tout à fait les mêmes couleurs.

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Un peu de conclusions à tirer :

Ce qui veut dire que l’œil humain traduit la lumière du soleil qui se reflète sur une surface en couleurs. Selon ce que la surface renverra comme rayon lumineux vers notre œil, les cônes (rouge, vert, bleu) réagiront.

Ce qui veut dire que les couleurs n’existent pas.

Le vert d’une feuille d’arbre n’est que l’activation du récepteur vert de notre œil. Si la surface que nous regardons ne renvoie que très peu de lumière, elle sera sombre, ou noire.

Le monde autour de nous n’est qu’un assemblage de surfaces plus ou moins réflectives.

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Un peu d’illustration par l’image :

Voilà peut-être la réalité :

Paysage-automne_2258rue_Christine_400

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Et si ça se trouve, d’autres yeux que les nôtres, aux cônes différemment disposés, voient ça :

rue_Christine_400 couleurPaysage-automne_2258 couleur

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Un peu de conclusion, de perplexité et de relativité :

Je trouve ça très perturbant comme idée.

Mais rassurant aussi, car quand quelqu’un me dit qu’il n’aime pas la couleur de mon pull, je réponds pffft.

Et j’ajoute que Matisse ne travaillait pas pour les reptiles. Mais ça, au fond, je m’en doutais un peu.

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Feudartifice

Le feudartifice, pour être examiné avec attention, doit être découpé en deux parties distinctes.

Eh, oui, à l’origine, dans feudartifice,  il y a « feu » et il y a « d’artifice ».

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Pour la partie « feu », rapprochez-vous des travaux du Docteur Mffft, unanimement considéré comme LE précurseur, merci à lui. dmanisiarthead

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La partie « d’artifice », quant à elle, inspire la fausseté et l’hypocrisie.

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Le tout (« feudartifice ») évoque la liesse, la gaîté, la folie luminescente, l’exubérance, le scintillement éblouissant pleinlesmirettes*, la transpiration, les bruits répétés et énervants.

La preuve par l’image :

(attention, le choc peut-être difficile à encaisser. Trop de liesse-gaîté-folie luminescente-exubérance-scintillement éblouissant pleinlesmirettes*-transpiration-bruits répétés et énervants nuit à votre santé)

tableau feud'artifice

* « pleinlesmirettes » est un adjectif de manière. Oui, ça vient de sortir.

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Je vous remercie de votre attention. Elle vous sera rendue au centuple.

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